2019 : Adélaïde ou la clémence de madame Adrienne

de Stanislas Sauphanor

A partir de 10 ans

Durée 50 min

Pièce à destination du jeune public, écrite à l'occasion d'une résidence d'écriture à la maison des auteurs de Limoges.
Août 2016


La première lecture publique a été présentée au Festival ça Chauffe 2019, lundi 18 février 2019 à 19h

 

« Texte élégant, précis, drôle et touchant. »

« Très peu de mise en scène, et pourtant, une lecture déjà magnifique et pleine d’émotions. »


Avec : Virginie Brochard, Jade Emmanuel, Yoanna Nikitara et Anatole Mabit-Vilaire


Dans la suite du travail engagé avec l'auteur et metteur en scène Stanislas Sauphanor, la Cie OeilduDo propose une lecture publique de sa pièce, Adélaïde ou la Clémence de Mme Adrienne, qui aborde, pour la jeunesse, à partir de 10 ans,  la question de l'esclavage sous l'angle de son abolition.

Au tout début de la révolution française, en Guyane, dans l'habitation de Madame Adrienne, Adélaïde, une très jeune esclave découvre que sa maîtresse n'est pas la personne vertueuse qu'elle s'imaginait. En effet, elle apprend qu'il y plusieurs années de cela, Madame Adrienne a vendu la mère de José, un jeune esclave dont elle est amoureuse. L'impulsivité de leur jeunesse va conduire ces deux esclaves à fomenter une terrible vengeance à l'encontre de Madame Adrienne. Adélaïde va demander à sa meilleure amie Marie-Anne de lui prêter main forte. Cependant, au moment de passer à l'action la maîtresse de l'habitation annonce sa décision d'embrasser les idéaux révolutionnaires et d'affranchir tous ses esclaves. Cette nouvelle entraîne de grands questionnements et de cruelles dissensions chez les trois jeunes esclaves, José, Adélaïde et Marie-Anne. En effet, s'en prendre à Madame Adrienne revient, depuis cette annonce, à s'en prendre à quelqu'un de bien. Toutefois la volonté de cette femme de se conformer à l'idée que l'on se fait de l'éthique universelle efface-t-elle pour autant les fautes de son passé? Voilà les grandes questions auxquelles les jeunes esclaves vont être confrontés au cours de cette pièce.
Le cadre historique de cette histoire est celui de la révolution française. Il est fait mention d'un personnage historique de premier ordre, à savoir l'abbé Grégoire. Figure emblématique de la révolution, l'abbé Grégoire, est à l'origine de la première abolition de l'esclavage en 1794.

EXTRAIT :

"Espérons qu'un jour, grâce à Grégoire et tous ses amis nous puissions abolir l'esclavage et commencer à mériter le pardon des enfants des hommes et des femmes qui ont tant souffert. Dès demain cette habitation se transformera en école. Une école où tous les enfants, d'où qu'ils viennent, auront le droit
de s’inscrire, qu'ils soient les enfants des anciens maîtres ou des anciens esclaves."

Marie-Anne
Vraiment je te comprends pas. Tout à l'heure tu étais prête à vivre dans la forêt et la tu fais la peureuse qui veut pas être libre?
Adélaïde
Je veux pas que ce soit cette mauvaise qui me libère. Je vais me libérer toute seule en partant dans la forêt.
Marie-Anne
Quoi?
Adélaïde
Je veux pas que ce soit elle qui me donne la liberté. Je veux que ce soit moi qui lui donne un grand coup de casserole.
Marie-Anne
Mais alors t'as raconté n'importe quoi. T'as pas du tout peur d'être libre?
Adélaïde
Bien sûr que non.
Marie-Anne
Donc pour pouvoir donner ton coup de casserole t'empêche à tout le monde d'être libre?
Adélaïde
Ben évidemment, si elle libère tout le monde, elle devient gentille et là c'est impossible de lui donner un coup de casserole. Et si elle devient gentille, José sera jamais vengé


Note d'intention de l'auteur

Cette pièce m'a été inspirée par la découverte du projet philanthropique du marquis de Lafayette qui avait acquis une habitation en Guyane. Il souhaitait faire dans cette habitation la démonstration des bienfaits de l’émancipation progressive d’environ soixante-dix esclaves noirs africains. Les esclaves étaient payés pour leur labeur, scolarisés, et punis avec la même rigueur que les employés blancs. Toutefois, retenu à Paris par ses fonctions, le marquis confia la gestion de l’habitation à sa femme, Marie-Adrienne Françoise de Noailles. Elle partageait les idées généreuses de son mari et elle appartenait à la société des amis des noirs. C'est donc la femme du marquis de Lafayette qui m'a conduit à imaginer le personnage de Madame Adrienne, c'est à dire une propriétaire d'esclaves comme il y en eu peu, inspirée par l'abbé Grégoire et soucieuse du sort et de l'éducation d'êtres humains à la peau noire.


Mon objectif en écrivant cette pièce était de réussir à trouver la langue permettant de parler à des enfants d'une dizaine d'années de ces sujets très importants que sont à la fois l'esclavage et son abolition. Cette pièce cherche à faire réfléchir la jeunesse sur les questions essentielles de la justice et du pardon. J'ai compris que le meilleur moyen de susciter ces réflexions était de les inscrire dans une fable où les enfants seraient en mesure de s'identifier aux jeunes protagonistes de l'histoire et que le rythme de la pièce soit suffisamment enlevé pour conserver leur attention du début à la fin.

Marie Adrienne Françoise de Noailles,  marquise de La Fayette.